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Artère poplitée piégée : que peut votre ostéopathe ?

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Approuvé par un·e ostéopathe DO

Le syndrome de l’artère poplitée piégée, ou SAPP, est encore peu connu. Il touche une population généralement jeune et sportive.

Mais que peut vous faire ressentir ce syndrôme ?

Après un certain temps d’effort ou de kilomètres parcourus à pied, une douleur apparaît dans l’un ou vos deux mollets. Comme une sensation de crampe, de tiraillement. Cette douleur persiste quelques temps après l’effort, pour s’estomper ensuite. Mais revient peu à peu lorsque vous marchez ou montez les escaliers. Vous ressentez parfois même des picotements sous le pied. Il s’agit peut-être de cela.

Syndrome de l’artère poplitée piégée (SAPP) : de quoi s'agit-il ?

Le syndrome de l’artère poplitée piégée correspond à une compression intermittente et répétitive de l’artère poplitée. C’est l’artère située à l’arrière de votre genou1.
Son rôle ? Vasculariser votre jambe, votre pied, votre articulation du genou, et leurs muscles en sang oxygéné.

Que se passe-t-il en cas de compression ? Les muscles de votre jambe ne reçoivent alors pas la totalité des éléments nécessaires à leur fonctionnement comme l’oxygène et les nutriments. Et ce, notamment lors de l’effort.

Cette compression de l’artère poplitée entraîne ce qu’on appelle une claudication intermittente. Ce terme définit une faiblesse musculaire, une crampe ou une douleur qui apparaît lors de la marche. Douleur qui demande bien souvent l’arrêt de l’activité.

Ce syndrome touche en général les jeunes de moins de 30 ans, principalement les sportif·ves.2
On observe également une prédominance masculine puisque 80% à 90% des personnes atteintes sont des hommes.2

Syndrome de l’artère poplitée piégée : symptômes et causes

Le point anatomie

Le creux poplité, ou fosse poplitée, est la région à l’arrière de votre genou. Cette zone constitue un carrefour vasculo-nerveux.

Ce carrefour va en effet donner de nombreuses branches veineuses, artérielles et nerveuses. Pour vos muscles, ligaments et os du membre inférieur.

Il est composé d’un système musculaire puissant qui sert à la flexion de votre genou, et qui laisse place à un espace en forme de losange. Et c’est par ce losange que passent vos veines, vos nerfs et vos artères, et notamment, l’artère poplitée.

Artère poplitée piégée : les symptômes

Si vous souffrez du syndrome de l’artère poplitée piégée, vous pourriez notamment ressentir des :

  • Douleurs au(x) mollet(s) à l’effort, au bout d’un certain temps d’effort ou de kilomètres parcourus lors de la course à pied, de trails, etc.
  • Sensations de crampes au(x) mollet(s) et de tiraillement.
  • Douleurs persistantes quelques temps après l’effort, et qui s’estompent ensuite.
  • Douleurs survenant à nouveau à la marche ou à la montée des escaliers.
    Picotements éventuels sous le pied.
  • Le syndrome de l’artère poplitée piégée est souvent bilatéral : il concerne le plus souvent les deux jambes.

Artère poplitée piégée : les causes

Du fait de son passage dans ce carrefour vasculo-nerveux et du chemin qu’elle emprunte, l’artère poplitée peut se retrouver comprimée de différentes manières :

  • Une anomalie de développement de l’artère poplitée dans son environnement : le système musculaire va alors se développer d’une certaine façon et venir comprimer l’artère.
  • Une anomalie de développement musculaire : le trajet du muscle comprime l’artère poplitée de par son emplacement au niveau de la fermeture du losange.
  • Une hypertrophie du système musculaire qui, lors du mouvement, va comprimer l’artère poplitée.

L’artère poplitée et ses variations anatomiques

L’artère peut subir différents types de variations anatomiques, dont il existe une classification. Toutefois, certaines non répertoriées peuvent aussi être en cause.
Il peut également s’agir d’un piège fonctionnel. Une structure comme un œdème, un kyste poplité3 ou encore une inflammation qui peuvent contraindre le flux artériel de l’artère poplitée.

Syndrome de l’artère poplitée piégée : diagnostic difficile et traitement

Le syndrome de l’artère poplitée piégée est encore peu connu. Il est d’ailleurs difficile d’évaluer son incidence. En effet, les symptômes causés par l’atteinte surviennent sans signes avant-coureurs.
De plus, du fait de la population particulièrement jeune, un problème vasculaire n’est généralement pas recherché en première intention. Et bien souvent chez le·a sportif·ve, l’élongation ou la déchirure sont recherchées en premier lieu lors de douleurs au mollet.
Les symptômes peuvent être retrouvés dans plusieurs pathologies du sport et rendent également difficile le diagnostic.

L’errance thérapeutique

Le diagnostic peine donc à être posé. Et le temps d’identifier le syndrome vous contraint bien souvent à arrêter ou réduire votre pratique sportive.
Ce retard de diagnostic comporte des risques d’aggravation de cette compression vasculaire. Et dans certains cas, cela risque de créer des thromboses, soit un caillot qui obstrue un vaisseau sanguin. Ou encore, une atrophie musculaire.

Artère poplitée piégée : comment être sûr qu’il s’agit d’une atteinte de l’artère poplitée ?

Votre médecin effectue un diagnostic clinique, au cours duquel l’attention est portée sur la douleur et la difficulté à marcher lors d’un effort. Le pouls poplité est également contrôlé pour vérifier s’il diminue.

Confirmer le diagnostic

C’est l’imagerie qui permettra de confirmer le diagnostic clinique, et notamment :
L’Écho-doppler et l’angioscanner permettent de visualiser l’artère et son flux sanguin, ainsi qu’un éventuel point de compression. Ils permettent également de déceler d’éventuelles complications comme une thrombose.
L’IRM/l’angio IRM, sont plus précises anatomiquement parlant. Elles permettent à la fois de visualiser les artères et les veines. Mais aussi, les points de contraintes du système musculaire et tendineux.

Écarter d’autres troubles

On retrouve les symptômes du syndrome de l’artère poplitée piégée dans plusieurs pathologies fréquentes chez les sportif·ves, comme :

  • Le syndrome des loges, où la douleur n’est présente que pendant la course à pied. Ici, c’est le muscle qui comprime l’artère.
  • Une périostite.
  • Une tendinite achilléenne, c’est-à-dire au niveau du talon d’Achille.

La symptomatologie se rapproche également de celle d’autres pathologies comme :

  • une compression par un kyste poplité,
  • une thromboangéite oblitérante : une pathologie artérielle présente chez les fumeur·es jeunes, de moins de 50 ans,
  • une compression neurologique comme lors d’une hernie discale. Nous parlons dans ce cas précis de “sciatique tronquée”.

Traitement de l’artère poplitée piégée ?

L’objectif principal du traitement est de réduire la pression exercée sur l’artère.
En ce sens, les médecines alternatives et complémentaires comme l’ostéopathie sont indiquées. Cependant, il existe parfois une limite à leur action sur le long terme. Notamment en présence de certaines anomalies anatomiques congénitales. On pense notamment à une anomalie de fusion, une hypoplasie, ou encore une agénésie vasculaire segmentaire.
Dans ce cas l’artère poplitée finira par reprendre sa position initiale. La chirurgie reste alors la meilleure alternative.

Syndrome de l’artère poplitée piégée et ostéopathie

L’ostéopathie vous permet généralement de reprendre votre activité sportive, tout en évitant le risque de récidive.

Lever la compression

D’abord, l’ostéopathe va réduire la compression qui s’exerce sur votre artère poplitée et soulager vos douleurs aux mollets.
Via un travail douceur sur la zone de compression de l’artère. Ce travail se fait aussi bien sur vos muscles, que sur vos tendons, vos nerfs, vos artères et vos veines. Le but est de garantir la récupération de ces différentes structures. Et lever toutes contraintes qui pourraient entraver le flux artériel de l’artère poplitée.

Corriger le déséquilibre musculaire

Votre pratique sportive peut créer des déséquilibres musculaires particulièrement importants. Par exemple, si vos muscles qui permettent de fléchir votre genou sont plus puissants que ceux pour le tendre, cela crée des contractions asymétriques directement au niveau de l’articulation. Ce type de déséquilibre peut déclencher des réactions comme les tendinites. Ou encore l’apparition d’œdèmes lors d’une activité sportive relativement intense.
Il s’agit donc ici pour l’ostéopathe de tester l’équilibre de vos structures articulaires : vos chevilles, genoux, bassin, lombaires, etc. Et de travailler à leur réajustement ainsi qu’au relâchement de vos muscles.

Affiner vos gestes techniques et sportifs

L’analyse de votre technique de course, de votre manière de marcher et d’aborder le sol avec votre pied permet d’observer son déroulé. C’est-à-dire la manière dont le pied se positionne au fur et à mesure du pas.
Lors de la pratique du sport, et notamment de la course, cet abord du pied est important. Mais également lors de positionnements techniques comme des pas latéraux.
Un mauvais appui au sol peut avoir des répercussions sur tout le corps par une mauvaise répartition des contraintes. Ce qui peut alors impacter vos articulations. De vos chevilles, jusqu’à vos cervicales en passant par votre bassin et surtout ici, vos genoux.
Votre ostéopathe s’assure donc que ces contraintes ne créent pas de déséquilibres sur le genou. Mais aussi qu’elles n’affectent pas la fonction de votre système musculaire.

Faire appel à un·e coach peut être intéressant en complément des soins avec un·e kinésithérapeute ou un·e ostéopathe spécialisé·e dans le suivi du sportif.

Identifier et traiter les blessures anciennes

Des blessures ou troubles anciens peuvent impacter l’aspect fonctionnel du genou, et créent un terrain propice aux troubles compressifs.
Votre ostéopathe doit donc identifier et traiter ces blessures, et les conséquences qu’elles entraînent. Notamment sur vos articulations du genou, mais aussi sur les conséquences qu’elles peuvent avoir à distance. Comme des tensions, articulaires ou musculaires, au niveau de votre bassin ou de votre dos. Et qui peuvent être en cause dans des lombalgies notamment.

Récupérer après une éventuelle chirurgie

Après une intervention chirurgicale, la cicatrisation peut entraîner ce que l’on appelle des adhérences cicatricielles. Ces adhérences créent des tensions et entraînent une certaine restriction de mouvement. Et notamment de l’amplitude de flexion/ extension de votre genou ici. Vous pourriez alors avoir des difficultés à tendre et/ou à fléchir votre jambe du côté du genou opéré.
Votre ostéopathe peut limiter ce phénomène d’adhérences par un travail sur la cicatrice et à distance. De même qu’un travail sur la cicatrice laissée par votre opération peut réduire ses boursouflures et les inconforts qu’elle peut générer. Ce travail permet également de s’assurer que votre cicatrice n’entraîne pas de parasitage dans les informations perçues par votre corps.
L’ostéopathie est une médecine alternative et complémentaire qui s’adapte à chaque patient. Les axes de soins présentés dans cet article seront donc ajustés en fonction de vos symptômes et antécédents, pour un traitement optimal.

Notes et réferences

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  1. https://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Art%C3%A8res_et_veine_f%C3%A9morales/1002191[]
  2. https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2013/revue-medicale-suisse-372/syndrome-de-l-artere-poplitee-piegee[][]
  3. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0741521411020805[]

Rédigé par

Cabinet B

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Équipe qui regroupe des professionnel·les de la santé, du bien-être et du mouvement. Animé·es par une volonté de partage, nos expert·es diffusent ici leurs retours d’expériences, savoirs et conseils. Pour favoriser l’accès à des connaissances de manière claire et transparente.

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