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MICI : qu’apporte l’ostéopathie dans la prise en charge ?

Cabinet B

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Approuvé par un·e ostéopathe DO

Les MICI1, ou maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, correspondent à :
la maladie de Crohn,
et à la recto-colite ulcéro-hémorragique (RCUH).

Il n’existe à ce jour pas de traitement médicamenteux qui permet de guérir des MICI. Certains traitements permettent en revanche de gagner en qualité de vie, et limitent leur évolution.

De nombreux patient·es nous consultent dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire, avec une approche naturelle.
C’est tout le sujet de cet article. Quel est l’apport de l’ostéopathie dans la prise en charge des MICI ? Comment intégrer cette médecine alternative et complémentaire avec les autres médecines naturelles auxquelles vous pouvez déjà faire appel ?

Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin : comment les reconnaître ?

Les MICI correspondent à une inflammation chronique du tube digestif.

Maladie de Crohn (MC) et recto-colite ulcéro-hémorragique (RCUH) : quelle différence ?

Tout d’abord il convient de faire la distinction2 entre la maladie de Crohn et la recto-colite ulcéro-hémorragique.
La maladie de Crohn peut atteindre tout le tube digestif, de la bouche à l’orifice anal.
La RCUH touche quant à elle surtout le gros intestin, c’est-à-dire le rectum et le côlon.

En cas de MICI, l’inflammation peut être continue, ou intermittente. Dans ce cas, elle apparaît par poussées, suivies de périodes de rémission.

Symptômes

Symptômes des MICI

  • Fatigue

Un sentiment de fatigue permanent, parfois dès le réveil. Cette fatigue peut rester présente durant les phases de rémission. Elle est souvent plus prononcée en période de crise, mais garde un caractère chronique.

  • Troubles intestinaux

Les douleurs abdominales, les diarrhées fréquentes, parfois sanglantes, sont les symptômes qui permettent le diagnostic.

  • Perte de poids

A cela s’associe parfois une perte de poids, et de l’anorexie.
En effet, certain·es patient·es tentent de limiter leur apport en nourriture afin de limiter la fréquence et l’importance des diarrhées.
De plus, une malabsorption des nutriments due aux lésions du tube digestif peut exacerber cette perte de poids.

  • Éruptions cutanées diverses

Elles peuvent être : oro-faciales, anales, génitales et/ou au niveau des extrémités et des plis.

  • Symptômes oculaires

oeil rouge et/ou douloureux. Ou encore des hépatiques comme la stéatose : accumulation de graisse dans le foie.

Symptômes et maladies associées aux MICI

Les MICI peuvent être la cause de rhumatismes articulaires de la colonne vertébrale et du bassin et/ou périphériques. Soit :

  • épaules,
  • coudes,
  • poignets,
  • hanches,
  • genoux,
  • chevilles,
  • doigts,
  • orteils.

Ces inflammations sont souvent en lien avec la défaillance du système immunitaire qui touche aussi les articulations comme dans la Spondylarthrite Ankylosante (SpA).
Nous avons d’ailleurs Voici un article détaillé sur le sujet de la spondylarthrite ankylosante.

Elle peut aussi donner lieu à des enthésopathies. C’est-à-dire des douleurs au niveau des insertions des tendons, notamment le tendon d’Achille et le fascia plantaire.

Diagnostic

En général, ces symptômes vous conduisent directement chez votre médecin qui va mettre en route le protocole de diagnostic3.
Pour diagnostiquer avec justesse une MICI, il faut réaliser plusieurs examens :
prises de sang,
endoscopie,
et gastro-IRM.
D’autres examens peuvent être nécessaires selon les cas, il vous faut en discuter directement avec votre médecin.

Face à une combinaison de ces symptômes, aller voir le·la médecin en premier lieu est indispensable.

“En plus des symptômes physiques, il n’est pas rare de constater que les patients souffrent psychologiquement. Gêne, honte, les MICI touchent à une sphère très intime sur laquelle il est rare de se confier spontanément. La sensation d’isolement face à ce sujet peut être importante. Il existe d’ailleurs des associations de patients qui pourront vous accompagner.”
Clément Arnaudon, Ostéopathe DO à Toulouse

Cause : qu’est-ce qui provoque les MICI ? Est-il possible de prévenir leur apparition ?

Les MICI se déclarent souvent entre 15 et 30 ans. Plusieurs facteurs participent à l’apparition des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Les MICI sont très souvent génétiques. 150 gènes prédisposent aux MICI. Le facteur génétique s’associe souvent à des facteurs environnementaux.

Alimentation

Une alimentation trop riche en sucres et trop faible en fibres alimentaires participe à l’apparition de ces maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Equilibrer l’alimentation semble un bon facteur pour éviter l’apparition de poussées :
limitez les lipides, évitez les sucres simples : sucre, miel, sirop d’érable, confitures, compotes, pâtisseries, viennoiseries, sodas, etc.
évitez les produits laitiers frais : privilégiez les fromages, de préférence peu gras.
en cas de crise : on conseille le régime sans résidu en repas fractionnés : 2-3 collation en journée + un repas le midi

Qu’est-ce qu’un régime sans résidu ?
Le but est de diminuer le volume des selles et de diminuer le transit intestinal. Ainsi cela calme l’irritation de la muqueuse intestinale.
Dans ce régime, il faut éviter :

  • les légumes crus et cuits,
  • les céréales complètes,
  • les viandes fibreuses,
  • les graisses,
  • les pommes de terre,
  • et le pain blanc.

Exposition aux substances toxiques et métaux lourds

Les métaux lourds jouent un rôle important dans les maladies chroniques comme les MICI.

Le tabagisme

La question du tabac est épineuse. D’après l’INSERM4, le tabac favorise la maladie de Crohn, et à l’inverse il protège pour la RCUH.

Microbiote

Un déséquilibre du microbiome intestinal est souvent en cause dans les MICI. Ce qui favorise un type de bactérie plus invasive et irritante que celles présentes normalement.

MICI et ostéopathie

Confort

L’objectif du traitement ostéo est multiple :
accompagner le traitement médical,
aider à diminuer l’intensité des crises
espacer les crises et diminuer leur fréquence,
limiter les poussées inflammatoires articulaires.

“L’ostéopathie seule est limitée dans les maladies inflammatoires chroniques.
Il est important de faire preuve d’humilité sur le sujet, et de ne pas faire de promesses irréalisables à nos patients.
Afin d’avoir des effets durables une prise en charge pluridisciplinaire est nécessaire et le diagnostic doit être posé de manière rigoureuse afin que le traitement soit le plus efficace possible.
Pour les patients réticents envers la médecine conventionnelle, plusieurs études montrent de très bon résultats sur des prises en charge combinées entre la médecine traditionnelle chinoise (notamment phytothérapie), l’hypnose et les thérapies manuelles.
Dans toutes ces études les patients avaient tous reçu un diagnostic médical précis déterminant la maladie concernée (Crohn ou RCUH).”

Clément Arnaudon, Ostéopathe DO

Soin

L’ostéopathe va travailler sur plusieurs axes :

  • vérifier et ajuster la mobilité abdominale. Pour favoriser la circulation sanguine et lymphatique dans l’abdomen. Afin d’aider le corps à lutter contre les crises, et réparer les muqueuses lésées.
  • s’assurer de la bonne liberté du mouvement diaphragmatique : meilleure respiration, oxygénation des tissus et meilleur mouvement abdominal.
  • lutter contre les douleurs articulaires.

Pour soulager les douleurs articulaires, plusieurs techniques :

  • la mobilisation rythmique et un “déverrouillage” des articulations plus raides
  • des manipulations structurelles : avec craquement
    ou tissulaires : techniques douces sans craquement.

Si vous ne souhaitez pas que l’ostéopathe vous fasse craquer indiquez-le à votre ostéopathe qui peut adapter ses techniques.

Pour finir, votre ostéopathe peut aussi vous conseiller sur votre alimentation. Pour un suivi complet et personnalisé, consultez un·e nutritionniste, diététicien·ne ou naturopathe.

Enfin, l’activité physique soulage en général lors des poussées inflammatoires articulaires.

Combien de séances faut-il prévoir ?

“Il est toujours difficile de répondre à cette question.
Dans le cas des MICI, pour améliorer durablement les symptômes, plusieurs séances sur une année seront nécessaires.
En général 2 à 3 consultations assez rapprochées puis 2 à 3 espacées d’un mois ou deux. Ceci est un idéal de traitement, qui va fortement varier en fonction de l’évolution de la maladie, et de l’amélioration des symptômes.”
Clément Arnaudon, Ostéopathe DO

Notes et réferences

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  1. https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-gastro-intestinaux/maladie-intestinale-inflammatoire/revue-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-maladies-intestinales-inflammatoires-chroniques
    []
  2. https://www.cairn.info/revue-hegel-2016-2-page-119.htm
    []
  3. https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2021/revue-medicale-suisse-748/guide-pratique-de-la-prise-en-charge-des-patients-avec-maladies-inflammatoires-chroniques-de-l-intestin-pour-les-medecins-generalistes[]
  4. https://www.inserm.fr/dossier/maladies-inflammatoires-chroniques-intestin-mici/
    []

Rédigé par

Cabinet B

Cabinet B

Équipe qui regroupe des professionnel·les de la santé, du bien-être et du mouvement. Animé·es par une volonté de partage, nos expert·es diffusent ici leurs retours d’expériences, savoirs et conseils. Pour favoriser l’accès à des connaissances de manière claire et transparente.

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