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Maladie de Lapeyronie : la prise en charge en ostéopathie

Cabinet B

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Approuvé par un·e ostéopathe DO

La maladie de Lapeyronie est caractérisée par une déviation de la verge qui apparaît généralement de manière progressive.

Cette déviation est accompagnée de douleurs et de gênes lors de l’érection et des rapports sexuels.

 

Cette maladie peu connue est pourtant relativement fréquente. Elle peut notamment causer une dysfonction érectile. 

 

Mais qu’est-ce qui peut bien causer cette déformation de la verge? Est-il possible de prévenir l’apparition de la maladie de Lapeyronie ? 

 

Nous faisons le point sans tabou sur cette atteinte qui concerne 3 à 9% des français. Et un focus sur l’apport de l’ostéopathie pour prendre en charge naturellement cette maladie. 

La maladie de Lapeyronie

Qu’est ce que la maladie de Lapeyronie ?

Parfois orthographiée maladie de La Peyronie, elle tient son nom du chirurgien : François Gigot de Lapeyronie, chirurgien français, et confident du roi Louis XV.
On l’appelle aussi Induratio Penis Plastica.

Dans cette pathologie, on assiste à la formation de tissus fibreux ou de plaques de collagène au niveau de l’albuginée. C’est-à-dire la structure qui enveloppe les muscles ou les corps érectiles du pénis.
La formation de ces plaques sous la peau de la verge, appelées fibroses, cause alors une perte d’élasticité. Ce qui vient alors provoquer une courbure ou une flexion de la verge.
Cette atteinte, bien que peu connue, est particulièrement fréquente. Elle touche 3,4 à 9 % de la population masculine adulte, généralement entre 45 et 65 ans1. Néanmoins, cette atteinte peut survenir à n’importe quel âge, même à l’adolescence. La majorité des cas est cependant observée entre 53 et 60 ans2.

Déviation, angle, et déformation

La fibrose se forme souvent sur la partie supérieure du pénis3, dans 45% des cas. Elle cause alors une déviation vers le haut. Il existe aussi des déviations latérales observées elles à hauteur de 30 %.

L’angle peut aller de quelques degrés seulement, à plus de 90 degrés chez certaines personnes.

Bien que plus rare, la déformation peut parfois uniquement se traduire par un raccourcissement du pénis, sans déviation. Ou encore, un étranglement, conférant alors à la verge une morphologie en sablier.

Maladie de Lapeyronie : les symptômes

Des symptômes qui varient

La manifestation de la maladie et son intensité varient d’un homme à un autre :
Douleurs lors de l’érection dans 50% des cas. Parfois ces douleurs persistent en dehors de l’érection.
Une courbure de la verge chez plus de 8 patients sur 10.
Une dysfonction érectile pour 2 à 5 patients sur 10.
Des douleurs durant les rapports sexuels
Perte de sensibilité au niveau du gland4
Des symptômes variables donc, et qui évoluent aussi en fonction des phases de la maladie.

Évolution de la maladie de Lapeyronie

  • La première phase : il s’agit de la phase inflammatoire qui dure de 6 à 8 mois. La déviation du pénis apparaît avec une douleur lors de l’érection. Puis s’ensuit une transformation fibreuse à la base de la déviation.
  • La seconde phase : on l’appelle la phase sclérotique et celle-ci dure de 6 à 12 mois. Ici, la déformation du pénis n’évolue plus et la douleur tend à disparaître, cependant, des dysfonctions érectiles importantes apparaissent alors.

Les manifestations et déformations de la maladie de Lapeyronie sont, dans certains cas, très minimes. En effet, il arrive que certains hommes ne s’en aperçoivent jamais.

Un trouble tabou

La maladie de Lapeyronie est un trouble physique, qui peut avoir des répercussions psychologiques. Il est en effet fréquent que ses manifestations génèrent un sentiment d’impuissance.
D’ailleurs, ​20 à 40% des hommes atteints de ce trouble développent un syndrome dépressif réactionnel.

Mythe de la virilité et construction de l’identité masculine

Le pénis est souvent au centre de la construction de l’identité masculine. De même que la pénétration.
Or, cette maladie, en plus de déformer le pénis impacte les capacités érectiles et provoque de la douleur. Il ne s’agit alors plus d’un acte de plaisir, ce qui entraîne une baisse de la libido. Elle même accentuée par un éventuel complexe ressenti par cette nouvelle forme de pénis.
La maladie apparaît souvent à un âge où les hommes peuvent s’interroger sur leur capacité à séduire, à être actifs sexuellement. Ce qui renforce alors ce sentiment d’impuissance et de baisse de virilité.
La maladie de Lapeyronie est un trouble dont on parle encore trop peu. Le manque d’information, la gêne liée à l’endroit de l’atteinte ou l’appréhension des examens, freinent de nombreux hommes à consulter. Parfois, certains attendent même des années avant d’en parler à leur médecin ou à un·e spécialiste.

L’inquiétude alors présente

De nombreuses inquiétudes peuvent alors apparaître, et à juste titre. Est-ce que cela se soigne ? De quelle manière ? Est-il trop tard pour bénéficier d’un traitement ? Dois-je me faire opérer?
Tant de questions qui peuvent plonger dans un état anxieux. Seulement, l’anxiété et le stress impactent aussi la fonction érectile.
RDV sur le forum de l’association Française d’urologie5. Il reprend un grand nombre de questions que les hommes se posent fréquemment sur cette maladie.

Maladie de Lapeyronie : les causes

La maladie de Lapeyronie apparaît de manière progressive. Parfois de façon soudaine, bien que plus rare. Il ne s’agit donc pas d’un trouble congénital présent dès la naissance. Et on n’observe aucune prédisposition héréditaire.

Les causes à l’origine de la maladie de Lapeyronie restent encore incomprises à ce jour. Il n’existe donc pas de mesure permettant de prévenir son apparition. Néanmoins, des études tendent à montrer que cette maladie est provoquée par des microtraumatismes subis par le pénis, notamment lors des rapports sexuels.
D’autre hypothèses avancent une cause d’origine :

  • auto-immune, soit en rapport à votre système immunitaire,
  • infectieuse,
  • ou encore une diminution de l’apport sanguin dans les tissus érectiles.

Les maladies associées

On évoque principalement une association de cette maladie avec d’autres pathologies. Notamment :

  • Maladie de Dupuytren : une atteinte qui vient toucher à la membrane retrouvée entre les tendons fléchisseurs des mains, entraînant une flexion des doigts. 39 % des patients atteints de la maladie de Lapeyronie en sont atteints.
  • Maladie de Ledderhose : une fibrose générant la flexion des orteils.
  • Diabète.
  • Hyperuricémie : acide urique retrouvé en excès dans le sérum sanguin.
  • Hypercholestérolémie : un taux élevé de cholestérol.

Les facteurs prédisposants

La consommation de nicotine peut également augmenter l’incidence de la maladie. De même que la prise de certains médicaments, comme les bêtabloquants6 par exemple.
Des études et observations parlent aussi de la modification génétique du métabolisme du collagène comme facteur favorisant l’apparition de la maladie.

Maladie de Lapeyronie : quel traitement ?

SI l’on observe dans 30% des cas une rémission spontanée, cela est particulièrement vrai pour les hommes jeunes qui souffrent de plaques de tailles minimes.
Dès l’apparition des 1ers signes, consultez rapidement votre médecin qui pourra poser un diagnostic. Ou encore un·e urologue.
Le Xiapex est le premier médicament autorisé en France pour la maladie de Lapeyronie. Et notamment en cas de courbure supérieure à 30 degrés. Ce traitement consiste en des injections de collagénase. Cette substance est capable de venir casser les fibres de collagène formées.
Des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être prescrits afin de soulager les douleurs.
Le recours à la chirurgie devient nécessaire lorsque la maladie et les plaques sont installées depuis longtemps. Ce qui peut partiellement corriger la déviation.
D’où l’importance de consulter dès l’apparition des premiers signes.
Les questions du traitement médicamenteux et chirurgical restent à discuter directement avec votre médecin.

Maladie de Lapeyronie et ostéopathie

Des soins en ostéopathie peuvent s’avérer particulièrement intéressants pour ralentir le phénomène de fibrose et de déviation pénienne. Le tout en réduisant les douleurs.
Le travail consiste à redonner de l’élasticité à la zone du périnée. Et pour cela, votre ostéopathe va soigner le système musculaire de ce dernier. Mais aussi son système nerveux et vasculaire. Plusieurs séances avec votre ostéopathe seront probablement nécessaires.
Cependant la courbure ne peut certainement pas être corrigée dans sa totalité.
Il n’y a hélas à ce jour aucun traitement miracle qui permet de retrouver à l’identique la forme et/ou la taille de la verge.
Les soins et les techniques utilisées par votre ostéopathe sont réalisées sans contact direct avec votre pénis.

Soulager le système musculaire

Le pénis est une structure particulièrement complexe composée de nombreux éléments.
On y trouve notamment :

  • un corps spongieux, qui contrôle le diamètre de l’urètre pour pouvoir uriner ou laisser passer le sperme,
  • et deux corps caverneux, en charge du débit sanguin nécessaire à l’érection.

Une enveloppe entoure ces trois structures cylindriques : la fameuse albuginée dont on vous parlait plus haut.
On y retrouve également des muscles qui prennent attache sur votre bassin osseux. Ils forment votre périnée qui assure différentes fonctions :

  • les muscles ischio-caverneux qui, en se contractant, augmentent la pression dans les corps caverneux,
  • et le muscle bulbo-spongieux, ayant un rôle important dans le mécanisme d’expulsion du sperme.

Votre ostéopathe va pouvoir agir sur ces structures en travaillant au niveau de votre bassin, notamment sur :

  • vos ischions (os des fessiers sur lesquels vous vous asseyez),
  • votre pubis,
  • votre coccyx.

Libérer les organes de votre bassin

Votre vessie, votre côlon et votre prostate sont également observés et travaillés. Ces soins se concentrent dans la région basse de votre abdomen, juste au-dessus de votre pubis.
Le but est de vérifier la bonne mobilité et fonction de ces organes de façon à ajuster votre physiologie. Qu’elle soit de l’ordre de votre transit, sexuelle, ou mictionnelle c’est-à-dire en rapport avec l’évacuation d’urine ou sexuelle. Ces techniques sont indolores.

Rétablir le contrôle nerveux

Votre moelle épinière loge le​ centre qui contrôle le mécanisme de l’érection.Et ce, à plusieurs niveaux.
On retrouve les fibres parasympathiques au niveau des vertèbres sacrés (S2-S4), qui favorisent l’érection. Au niveau thoracique (D11-L2) en revanche, on retrouve les fibres dites sympathiques, elles inhibent l’érection.
Si vos dorsales, lombaires, ou encore votre sacrum viennent comprimer ces structures, le cheminement de l’information nerveuse est perturbé.
Votre ostéopathe doit ainsi identifier et lever ces différents blocages pour vous permettre de retrouver un contrôle optimal de l’érection. Ce qui évite la perte d’élasticité des corps caverneux.
Le blocage peut venir de votre colonne vertébrale, mais aussi d’une compression à la base de votre crâne. Ce blocage peut perturber la bonne mobilité de la membrane du début de votre colonne à votre coccyx. Cette perturbation peut causer cervicalgies, maux de tête ainsi qu’un état de fatigue, en plus de la maladie de Lapeyronie.

Décomprimer le nerf pudendal

Le nerf pudendal, situé entre le gland et l’anus,a une place particulièrement importante dans les mécanismes de continence urinaire et anale. C’est également lui ,ou du moins une de ses branches, qui vient innerver votre pénis.
Si votre nerf pudendal souffre d’une compression dans son canal, cela peut avoir des répercussions sur la récupération de la motricité pénienne.
Votre ostéopathe est capable de prendre en charge ce syndrome canalaire. Le soin vise à soulager et décompresser le nerf pudendal afin de prévenir et limiter ces troubles.

Optimiser votre système vasculaire

L’artère aorte part du cœur et descend le long de votre colonne vertébrale, à gauche, dans votre abdomen. Et ce, jusqu’à votre bassin afin de vasculariser tous vos organes digestifs. Elle se divise ensuite en deux. Une partie vient irriguer vos membres inférieurs et l’autre vient irriguer les organes de votre bassin. Et donc, votre pénis.
Votre système veineux fait grossièrement l’inverse : il remonte votre colonne par la droite.
Un de ces deux systèmes peut, dans ce cas, être comprimé. Il est donc important de libérer l’axe vasculaire pour votre pénis. C’est pourquoi votre ostéopathe s’intéresse et traite différents viscères abdominaux

Troubles du sommeil et dysfonction érectile

Plusieurs études ont mis en évidence une corrélation entre les troubles du sommeil, notamment l’apnée du sommeil, et la dysfonction érectile.
Lors de ce syndrome, le système cardio vasculaire se retrouve en effet impacté. Ce qui vient alors entremettre la capacité d’érection pénienne. Votre ostéopathe est à même d’atténuer et parfois même traiter complètement les troubles du sommeil. Cela vous permettra ainsi de retrouver une fonction correcte de l’érection.

Lorsque la chirurgie est inévitable

La gêne qui entoure les symptômes de la maladie et le manque d’informations poussent parfois certains hommes à attendre avant de consulter. Parfois plusieurs années.
Lorsque la fibrose a eu le temps de bien s’installer, le recours à la chirurgie est alors inévitable.
L’action préventive de votre ostéopathe est alors limitée. En revanche dans les suites post-opératoires l’ostéopathie permet de récupérer dans les meilleures conditions. Elle prévient aussi la formation d’adhérences cicatricielles, elles-mêmes à l’origine de nouveaux troubles.
Nous vous invitons à partager cet article à votre entourage pour sensibiliser le plus grand nombre à cette atteinte. Ainsi qu’à la reconnaissance de ses symptômes.

Notes et références

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  1. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23830262/[]
  2. https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sexo-gyneco/2549772-maladie-de-lapeyronie-definition-cause-douleur-traitement-operation/[]
  3. https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=maladie-lapeyronie[]
  4. https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sexo-gyneco/2549772-maladie-de-lapeyronie-definition-cause-douleur-traitement-operation/#:~:text=Douleurs%20au%20niveau%20du%20p%C3%A9nis,phase%20inflammatoire%20de%20la%20maladie.[]
  5. https://www.urofrance.org/fichebasecongres/forum-du-comite-durologie-et-de-perineologie-de-la-femme-le-trou-obture/[]
  6. https://www.coeuretavc.ca/maladies-du-coeur/traitements/medicaments/betabloquants#:~:text=Les%20b%C3%AAtabloquants%20r%C3%A9duisent%20la%20charge,utilis%C3%A9s%20pour%20traiter%20diff%C3%A9rentes%20affections[]

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